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Gestion du temps
10 min

Laure Piana • Mis à jour le 1 juillet 2026
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Les jours non travaillés, souvent abrégés JNT, regroupent toutes les journées où un salarié ne fournit pas de travail tout en conservant, selon les cas, sa rémunération : jours fériés chômés, congés payés, RTT, jours de repos du forfait-jours et journée de solidarité.
2026 se présente comme une année plutôt clémente en matière de jours chômés avec 9 jours fériés qui tombent en semaine !
Cependant, aucun texte ne réunit la notion de jours non travaillés (JNT) sous une définition unique, et c'est de cette confusion que naissent la plupart des erreurs de décompte !
Prenons un exemple. Fin octobre, un gérant de supérette ouvre le planning mensuel des équipes pour novembre et tombe sur le genre de détail qui gâche une fin de journée : la Toussaint 2026 tombe un dimanche ! Le férié est avalé par le week-end, aucune récupération à la clé, et voilà un compteur d'équipe à recalculer !
Bienvenue dans l'univers des jours non travaillés, où une simple date sur un calendrier peut peser lourd sur une paie !
Avant d'entrer dans le détail, voici ce qu'un employeur doit savoir absolument pour 2026 :
- 11 jours fériés en 2026, dont 9 tombent en semaine. Le meilleur calendrier depuis 2019 !
- Un seul férié, le 1er Mai, est obligatoirement chômé et payé. Les dix autres dépendent de votre convention collective.
- « JNT » et « RTT » ne sont pas interchangeables : décompte annuel d'un côté, logique horaire de l'autre.
- Décompte de référence 2026 : 227 jours travaillés pour un temps plein avec 5 semaines de congés.
- Dans le CHR et le commerce, les règles de calcul des jours non travaillés s'écartent franchement du droit commun.
Le terme est un fourre-tout ! Sous l'étiquette « JNT », on range en réalité cinq régimes juridiques bien distincts, qui n'obéissent ni aux mêmes règles de calcul, ni aux mêmes règles de paie. On fait le point.
Dans le langage courant, « JNT » désigne le plus souvent les jours de repos du forfait-jours.
L'amalgame avec les RTT est tentant, il reste juridiquement faux et peut impacter le décompte des jours. Un logiciel de gestion RH comme Esperoo tient ces cinq compteurs séparés, parce que les confondre finit toujours par coûter un rappel de salaire…
Avant de compter, il faut s'entendre sur le vocabulaire !
Quatre notions servent de base à tout décompte, et la majorité des litiges sur les jours non travaillés payés vient de leur confusion. Voilà de quoi arrêter de vous mélanger les pinceaux !
L'équivalence à retenir : 5 jours ouvrés valent 6 jours ouvrables, soit une semaine. C'est pour cela que 25 jours ouvrés de congés correspondent aux fameuses 5 semaines, ou 30 jours ouvrables (art. L3141-3 du Code du travail).
Côté fériés, 2026 se présente comme une année plutôt clémente en matière de jours chômés.
Sur ces onze dates, neuf jours non travaillés tombent en semaine !
Seules l'Assomption (un samedi) et la Toussaint (un dimanche) passent à la trappe, sans récupération ni indemnité par défaut. Et un rappel qui surprend encore beaucoup d'employeurs : seul le 1er Mai est obligatoirement chômé et payé pour tous, avec doublement de la rémunération pour ceux qui travaillent ce jour-là.
Pour les dix autres fériés, tout se joue dans la convention collective ou un accord d'entreprise : c'est tout l'enjeu de la gestion des jours fériés en entreprise.
Quelques ponts valent le coup d'œil en 2026 :
Un mot pour l'Alsace-Moselle : deux fériés supplémentaires s'ajoutent, le Vendredi Saint (3 avril) et la Saint-Étienne (26 décembre), hérités de la loi de 1924.
La différence entre RTT et JNT, c'est la confusion la plus coûteuse du moment !
Les deux dispositifs portent sur du repos, mais ils ne partent pas du même endroit : les RTT prennent pour socle la durée légale du travail en France, le forfait-jours un décompte annuel.
La nuance n'a rien de théorique…. La Cour de cassation sanctionne lourdement les forfaits mal ficelés : un arrêt du 9 avril 2026 a jugé nulle une convention se contentant de mentionner « 218 jours maximum », sans fixer un nombre précis et personnalisé.
Conséquence pour l'employeur : retour aux 35 heures et rappel d'heures supplémentaires sur trois ans, sans oublier les interactions entre congés payés et heures supplémentaires. De quoi prendre la rédaction de ces clauses très au sérieux, non ?
Pour vos équipes, la traduction concrète est simple. Un serveur, un vendeur ou un préparateur en boulangerie relève presque toujours d'un décompte en heures, fondé sur le temps de travail effectif, donc d'éventuelles RTT.
Le forfait-jours, lui, reste réservé aux profils autonomes, souvent un responsable de site ou un cadre. Mélanger les deux compteurs, c'est ouvrir la porte au litige, ce que vous ne voulez surtout pas !
Pour un temps plein classique (lundi-vendredi, 5 semaines de congés), la formule tient en une ligne :
Jours travaillés = jours de l'année − week-ends − fériés en semaine − congés payés
Appliquée à 2026, elle donne le décompte de référence des experts-comptables :
Pour les autres repères : on compte environ 252 jours ouvrés et 303 jours ouvrables sur l'année. Et pour un salarié au forfait de 218 jours, le calendrier 2026 dégage 9 jours de repos, contre 8 en 2025.
Un jour de gagné, juste parce que les fériés tombent mieux, plutôt chouette pour certains, non ?
Attention aux pièges qui faussent le compteur :
Ces écarts paraissent anodins. Sur une équipe de quinze personnes, une demi-journée mal comptée par salarié et par an, et c'est une semaine entière de travail qui s'évapore des compteurs…
C'est ici que vos secteurs sortent du cadre général, et que les surprises arrivent.
Dans le CHR (HCR, IDCC 1979), la convention prévoit un régime de fériés à deux étages : 6 jours garantis et 4 non garantis, pour les salariés comptant au moins un an d'ancienneté.
Le piège qui attrape tout le monde tient dans un mot, « garanti ». Un jour férié garanti n'est pas forcément chômé. Il signifie que le salarié doit être payé, compensé en temps ou indemnisé, même s'il était en repos ce jour-là. S'il travaille, il récupère un jour. S'il était de repos, il est indemnisé. Pour un férié ordinaire, en revanche, rien n'est dû !
Dans le commerce, il n'existe pas une convention mais plusieurs, et les règles divergent franchement d'un IDCC à l'autre.
Le détail alimentaire non spécialisé (IDCC 1505) oblige l'employeur à annoncer en début d'année les 5 fériés qui seront chômés. Le détail à prédominance alimentaire (IDCC 2216), lui, autorise l'ouverture dominicale jusqu'à 13 h, avec une majoration de 30 % et un repos compensateur. Avant de trancher un cas, on vérifie donc toujours quelle convention s'applique !
Quand un férié tombe un dimanche et que la convention prévoit à la fois une majoration « dimanche » et une majoration « férié », les deux ne se cumulent pas, en général.
Le sujet est tout sauf abstrait en 2026, puisque la Toussaint tombe précisément un dimanche. Pour une supérette ou un restaurant ouvert ce jour-là, mieux vaut avoir tranché la question avant la fiche de paie !
Sur la rémunération des jours non travaillés, la règle de base en matière de droits des salariés tient en peu de mots : le maintien de salaire un jour férié chômé suppose en principe 3 mois d'ancienneté.
L'article L3133-3 du Code du travail pose que le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise ou l'établissement.
Attention, la convention HCR ne fonctionne pas sur les 3 mois pour ses jours fériés « garantis ». L'avenant n°6 de la convention collective des CHR du 30 avril 1997 prévoit que les salariés doivent remplir une condition d'ancienneté d'un an pour bénéficier des 10 jours fériés en plus du 1er mai.
Le 1er Mai fait figure d'exception : payé pour tous, sans condition d'ancienneté, et majoré à 100 % s'il est travaillé. Pour les autres fériés travaillés, le Code du travail n'impose aucune majoration.
Tout se joue alors dans la convention collective ou l'accord d'entreprise, qui prévoient fréquemment une majoration de salaire ou un repos compensateur, souvent plus avantageux que le minimum légal.
Le forfait-jours, lui, réserve une protection que beaucoup d'employeurs sous-estiment. Même libéré du décompte horaire, un cadre au forfait conserve ses repos minimaux : 11 heures consécutives entre deux journées et 35 heures par semaine, soit 24 heures hebdomadaires auxquelles s'ajoutent les 11 heures quotidiennes (articles L3131-1 et L3132-2).
C'est l'une des rares limites qui s'imposent vraiment au forfait, et la Cour de cassation y veille de près : faute de suivi effectif de ces seuils, la convention de forfait est privée d'effet, ce qui rouvre la porte aux heures supplémentaires (Cass. soc., 31 janvier 2012).
Depuis 2024, le seul non-respect du repos quotidien ouvre même droit à réparation, sans avoir à prouver un préjudice. Ces seuils relèvent de la différence entre temps de travail et amplitude horaire, le repos de 11 heures plafonnant l'amplitude d'une journée à 13 heures.
La réforme des congés payés de 2024, comme les règles sur les congés payés imposés par l'employeur, a aussi rebattu les cartes.
Un salarié continue désormais d'acquérir des congés pendant un arrêt maladie non professionnel (dans la limite de 24 jours ouvrables par an), avec un report possible sur 15 mois et une obligation d'information à votre charge dans le mois suivant son retour.
Un logiciel de gestion des congés comme Esperoo qui suit ces reports automatiquement vous évite l'oubli, devenu risqué depuis la réforme !
Et le congé sans solde ? Il revient souvent dans les questions des salariés, alors clarifions.
Le congé sans solde repose sur un accord entre le salarié et l'employeur, qui reste libre de refuser. En pratique :
Centraliser ce type de demande dans un outil de gestion des congés et absences évite les accords verbaux qui se perdent et reviennent en litige six mois plus tard.
Au-delà du droit, la vraie difficulté est opérationnelle !
L'absentéisme, ce jour non travaillé subi par excellence, a atteint 5,1 % dans le privé en 2024, pour un coût estimé à plus de 120 milliards d'euros (baromètre WTW 2025). Autant dire que la gestion des jours non travaillés dépasse largement le travail du juriste.
Quelques réflexes simples fiabilisent l'ensemble :
C'est là qu'un logiciel de gestion de planning comme Esperoo prend tout son sens : chaque absence validée se répercute directement dans le planning des salariés, sans trou de dernière minute à boucher en catastrophe.
Esperoo centralise congés, planning et pointage en un seul outil, sans corvée de fin de mois. Envie d’en savoir plus ? Demandez une démo.
Couplé à une pointeuse en ligne qui enregistre les heures réelles, le compteur se tient à jour presque tout seul, fériés et repos compris. Le genre d'automatisation qui transforme une corvée de fin de mois en non-sujet !
Oui, c'est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous. Des dérogations existent dans certains secteurs d’activité.
Non, pas par défaut. Aucune récupération ni indemnité n'est due, sauf convention collective plus favorable. En 2026, l'Assomption et la Toussaint sont concernées.
Juridiquement, non. Les RTT compensent des heures effectuées au-delà de 35 h, les jours de repos du forfait-jours résultent d'un décompte annuel. Deux logiques, deux textes.
Pour un temps plein à 5 semaines de congés, le décompte de référence donne 227 jours travaillés.
Non. Il dépend de l'accord de l'employeur, qui peut refuser, sauf cas particuliers prévus par la loi comme le congé sabbatique ou le congé pour création d'entreprise.
En résumé !
- Les jours non travaillés couvrent cinq régimes distincts, à ne jamais mélanger.
- 11 fériés en 2026, 9 en semaine, mais un seul (le 1er Mai) chômé d'office.
- Le décompte de référence : 227 jours travaillés pour un temps plein.
- CHR et commerce dérogent largement, vérifiez toujours votre convention.
- Un outil qui relie congés, planning et pointage reste le moyen le plus sûr de garder des compteurs justes.
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