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Optimiser sa paie
10 min

Mannoubia CHAKROUN • Mis à jour le 10 juin 2026
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Le SMIC horaire en restauration est le salaire minimum applicable à tout salarié des hôtels, cafés et restaurants (secteur HCR). Depuis le 1er juin 2026, ce plancher est fixé à 12,31 €/h brut (SMIC légal), car il est supérieur au minimum conventionnel de la branche HCR (12,00 €/h — avenant n°33 du 19 juin 2024 (IDCC 1979), décret n°2025-1228 du 17 décembre 2025). Cela représente environ 2 101 € brut par mois pour un temps plein de 39 heures.
Si vous n'avez pas la bonne grille sous les yeux, vous risquez de payer en dessous du minimum légal sans le savoir. Ce qui coûte cher quand l'URSSAF passe.
Dans cet article : le taux smic hôtelier exact à jour, la grille de salaire HCR niveau par niveau, le net estimé, les avantages en nature et les pièges à éviter. Pas de remplissage. Juste ce qu'il faut.
SMIC horaire restauration 2026 — l'essentiel en 30 secondes !
- Taux horaire brut au 1er juin 2026 : 12,31 €/h (SMIC légal) — supérieur au minimum conventionnel de la branche HCR (12,00 €/h, avenant n°33)
- Base de calcul : 39 heures/semaine (et non 35h comme le SMIC légal)
- Heures 36 à 39 : majorées de 10 %
- Salaire mensuel brut estimé (temps plein 39h) : environ 2 101 €
- Net estimé (niveau I, éch. 1) : environ 1 681 € (hors repas et mutuelle)
- Indemnité repas si repas non fourni : 4,35 €/repas depuis le 1er juin 2026 (minimum garanti — arrêté du 22 mai 2026)
- Convention applicable : CCN HCR (IDCC 1979), grille issue de l'avenant n°33
- En cas de non-respect de la grille, le salarié peut réclamer un rappel de salaire sur 3 ans (article L.3245-1 du Code du travail) et l'URSSAF peut redresser sur la même période
Le SMIC horaire en restauration désigne le salaire minimum conventionnel applicable à tout salarié relevant de la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants — aussi appelée CCN HCR (IDCC 1979).
Ce n'est pas le SMIC interprofessionnel standard : la base, les majorations et la grille de classification sont propres au secteur.
Pourquoi est-ce si différent ? Parce que le secteur HCR a toujours fonctionné sur 39 heures par semaine, une spécificité ancrée bien avant les 35 heures. En pratique, ça change tout au moment de calculer la paie.
Le SMIC légal, tout le monde connaît : un taux horaire, basé sur 35 heures.
Le SMIC hôtelier, c'est autre chose.
D'abord, la base horaire : 39 heures semaine. Les quatre heures au-delà des 35h — les heures 36 à 39 — sont des heures supplémentaires majorées de 10 %.
Ensuite, la rémunération ne dépend pas uniquement du taux légal. Elle dépend du niveau et de l'échelon du salarié dans la grille HCR.
Un plongeur et un chef de partie n'ont pas le même SMIC horaire minimum — même s'ils travaillent dans le même restaurant.
Enfin : les avantages en nature (repas, parfois logement) ne peuvent pas être intégrés dans le calcul du minimum conventionnel. Ils apparaissent à part sur la fiche de paie.
Pas toutes celles qui servent à manger. La CCN HCR s'applique en fonction du code NAF ou APE déclaré — pas de l'intitulé commercial.
Quelques codes de référence :
Avant de conclure que la CCN HCR vous concerne, vérifiez votre code APE sur votre extrait Kbis. Une brasserie peut très bien relever d'un code différent selon son activité principale.
En cas de doute, l'UMIH (Union des Métiers et Industries de l'Hôtellerie) ou le GNI (Groupement National des Indépendants de l'Hôtellerie-Restauration) peuvent vous orienter.
Note : les codes NAF ont fait l'objet d'une refonte en 2025 (NAF rév. 2). Si votre structure a été immatriculée récemment ou mise à jour, vérifiez la correspondance avec votre expert-comptable.
Depuis le 1er juin 2026, le taux horaire brut applicable au niveau I échelon 1 en restauration est de 12,31 € — c'est le SMIC légal qui s'applique, le plancher conventionnel de l'avenant n°33 (12,00 €) étant devenu inférieur au SMIC national depuis le 1er janvier 2026.
Mais pour comprendre d'où vient ce chiffre — et pourquoi certains bulletins de paie sont faux en ce moment sans que personne ne s'en soit rendu compte — il faut regarder l'historique.
Au 1er décembre 2024, le minimum conventionnel à 12,00 € était supérieur au SMIC légal (11,88 €) — c'est donc la grille HCR qui primait.
Mais au 1er janvier 2026, le SMIC légal a dépassé ce plancher. Depuis cette date, c'est le SMIC national qui s'applique au niveau I échelon 1, dans l'attente d'un nouvel avenant de branche.
Si votre bulletin de paie pour un niveau I échelon 1 affiche encore 12,00 €, vous sous-payez. Pas intentionnellement, peut-être. Juridiquement, c'est la même chose.
Le SMIC horaire net en restauration pour le niveau I échelon 1 est d'environ 9,60 €/h net, soit 1 681 € net par mois pour un temps plein de 39 heures. Ce montant est calculé après déduction des cotisations salariales, estimées à environ 22 % du brut pour un non-cadre en 2026.
Le passage du brut au net en France obéit à une règle simple pour les non-cadres :
Salaire net ≈ Salaire brut × 0,78
Ce coefficient intègre les principales cotisations salariales obligatoires : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, assurance chômage, CSG et CRDS.
Pour 2026, les cotisations salariales représentent environ 21,7 % du salaire brut pour un non-cadre — soit un net d'environ 78 % du brut.
Note : ce taux est indicatif. Le net réel varie selon la mutuelle, la prévoyance, le taux de prélèvement à la source et les éventuels avantages en nature intégrés au bulletin.
Le salaire mensuel brut se calcule ainsi pour un temps plein HCR (39h/semaine) :
Salaire mensuel brut = (35h × taux horaire) + (4h × taux horaire × 1,10) × 52/12
En pratique, sur la base des planchers conventionnels en vigueur :
Estimations basées sur un taux de cotisations salariales de 22 % (non-cadre, régime général 2026). Hors mutuelle, prévoyance, prélèvement à la source et avantages en nature. Les niveaux II à V correspondent aux planchers de l'avenant n°33.
Ces montants sont des planchers légaux. En pratique, beaucoup d'établissements paient au-dessus — surtout pour les profils qualifiés en tension sur le marché.
Un repas fourni par l'employeur vaut 4,35 € par repas (minimum garanti au 1er juin 2026). Pour un salarié qui mange deux fois par jour sur place, c'est 8,70 €/jour d'avantage en nature — soit environ 190 € par mois sur une base de 22 jours travaillés.
Cet avantage apparaît sur le bulletin de paie. Il est soumis à cotisations, mais il ne rentre pas dans le calcul du salaire minimum conventionnel.
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Dans la restauration, le repas fait partie du quotidien. Mais sur la fiche de paie, il a un statut très précis — et beaucoup d'employeurs s'y trompent encore.
L'avantage en nature repas ne peut pas être intégré dans le calcul du minimum conventionnel. Autrement dit : vous ne pouvez pas compenser un salaire trop bas en arguant que vous fournissez les repas.
Le minimum conventionnel doit être atteint en espèces. Les repas, le logement ou tout autre avantage en nature apparaissent séparément sur le bulletin de paie.
Même chose pour les pourboires : ils ne rentrent pas dans le calcul du minimum salarial.
Si l'employeur ne peut pas fournir le repas, il doit verser une indemnité compensatrice égale au minimum garanti (MG).
Depuis le 1er juin 2026 : 4,35 € par repas (arrêté du 22 mai 2026, JO du 24 mai 2026).
Ces éléments ont leur propre ligne sur la fiche de paie. Ils complètent le salaire — ils ne le remplacent pas.
Non. Et c'est une confusion très fréquente.
La restauration rapide ne relève pas de la convention collective HCR (IDCC 1979). Elle dispose de sa propre convention : la CCN de la restauration rapide (IDCC 1501). Les règles de salaire minimum, de temps de travail et de classification y sont différentes.
La base 35h de la restauration rapide change le calcul du salaire mensuel : à taux horaire équivalent, un salarié HCR travaille 4 heures de plus par semaine.
Deux critères suffisent dans la majorité des cas :
En cas de doute, le texte de la convention applicable est consultable gratuitement sur Légifrance en recherchant l'IDCC correspondant.
Quand un salarié est sous-payé par rapport au minimum conventionnel ou légal, les cotisations sociales ont été calculées sur une base trop basse.
L'URSSAF peut reconstituer les salaires dus sur 3 ans en arrière et réclamer :
Pour donner un ordre de grandeur concret : un redressement portant sur 5 salariés mal classés pendant 3 ans peut facilement dépasser 15 000 à 25 000 €.
Le salarié dispose de 3 ans pour réclamer les sommes dues, à compter du jour où il a connu ou aurait dû connaître les faits (article L.3245-1 du Code du travail). Ce délai court même après la rupture du contrat.
Le rappel de salaire est dû avec les cotisations sociales correspondantes. S'y ajoutent potentiellement des dommages et intérêts si le préjudice est avéré.
L'absence de mention du niveau et de l'échelon sur le bulletin de paie est une irrégularité formelle relevée par l'Inspection du travail (article R.3243-1 du Code du travail).
Elle fragilise aussi la position de l'employeur en cas de contentieux : sans classification mentionnée, difficile de prouver que la grille a été correctement appliquée.
La mauvaise classification d'un salarié, c'est souvent involontaire. Mais le rappel de salaire, lui, est obligatoire. Esperoo, notre logiciel gestion RH, vous permet de suivre le niveau et l'échelon de chaque salarié, de gérer les heures selon les paliers HCR et de transmettre des éléments de paie fiables à votre logiciel de paie — sans risque d'erreur de saisie. Voir la solution →
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire en restauration est de 12,31 €/h brut pour le niveau I échelon 1. C'est le SMIC légal national qui s'applique à ce niveau.
Pour le niveau I échelon 1, le net estimé est d'environ 9,60 €/h, soit 1 639 € net par mois pour un temps plein de 39 heures.
Le SMIC légal est calculé sur 35 heures/semaine et s'applique à l'ensemble des salariés en France. Le SMIC HCR est le minimum conventionnel propre au secteur — calculé sur 39 heures/semaine, avec les heures 36 à 39 majorées de 10 %.
Non. L'avantage en nature repas ne peut pas être intégré dans le calcul du minimum conventionnel HCR. Il apparaît séparément sur le bulletin de paie. Si l'employeur ne peut pas fournir le repas, il verse une indemnité compensatrice de 4,35 €/repas (minimum garanti depuis le 1er juin 2026).
La restauration rapide ne relève pas de la convention HCR (IDCC 1979). Elle dépend de la CCN de la restauration rapide (IDCC 1501), calculée sur 35 heures/semaine, avec sa propre grille de salaires. McDonald's, Burger King, KFC et les enseignes de sandwicherie à emporter (vaisselle jetable, service au comptoir) entrent dans ce cadre — pas dans la convention HCR.
Oui. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC légal a été revalorisé de +2,41 %, passant de 12,02 € à 12,31 €/h brut (arrêté du 22 mai 2026, JO du 24 mai 2026).
La formule pour un temps plein HCR à 39h/semaine :
(35h × taux horaire) + (4h × taux horaire × 1,10) × 52/12
Exemple pour un niveau I échelon 1 à 12,31 €/h :
Le SMIC légal est revalorisé automatiquement lorsque l'inflation dépasse 2 % depuis la dernière revalorisation, ou manuellement par décret au 1er janvier.
Le minimum conventionnel HCR, lui, est fixé par accord de branche entre les partenaires sociaux (UMIH, GNI côté employeurs — syndicats de salariés côté représentation).
Lorsque le minimum conventionnel devient inférieur au SMIC légal, c'est le SMIC national qui s'applique automatiquement.
Le salaire d'un apprenti en HCR est calculé en pourcentage du SMIC ou du minimum conventionnel selon l'âge et l'année de formation. Ces taux sont encadrés par un avenant spécifique (avenant n°35, entré en vigueur au 1er août 2025, IDCC 1979).
Oui — mais seulement si le minimum conventionnel de la grille HCR est inférieur au SMIC légal.
La paie dans la restauration, c'est rarement simple. Entre les extras, les coupures, les heures supplémentaires, les week-ends, les absences, les avantages repas, les niveaux et échelons qui changent avec l'ancienneté… la moindre erreur arrive vite.
Et quand le SMIC légal dépasse le plancher conventionnel sans qu'un avenant de branche soit encore publié, même les employeurs rigoureux peuvent se retrouver hors des clous sans le savoir.
C'est exactement ce qui se passe depuis le 1er janvier 2026.
Un logiciel RH pensé pour le secteur HCR, à ce stade, c'est plus un confort — c'est une sécurité.
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