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Manager avec succès
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Mannou • Mis à jour le 2 janvier 2026
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Le moment où tout bascule commence souvent tranquillement. Un salarié arrive confiant, il a mûri sa demande, il pense que ça va passer. Une discussion posée, quelques chiffres sur la table, une date évoquée. C’est classique, n’est-ce pas ?
En face, l’employeur écoute, temporise, hésite. Puis le refus de rupture conventionnelle par l’employeur tombe. Pas toujours brutal. Parfois poli, presque élégant. Juridiquement irréprochable. Mais après ce refus de rupture conventionnelle par l’employeur, plus rien ne se déroule normalement.
L’ambiance se tend, les silences s’allongent, la motivation s’effiloche. Et c’est souvent à partir de là que des décisions RH, pourtant légales, commencent à coûter très cher.
La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Elle repose sur un principe simple, presque naïf : le consentement mutuel.
En fait, la rupture conventionnelle n’est ni un droit, ni une obligation.
Ni le salarié, ni l’employeur ne peuvent imposer une rupture conventionnelle, et donc vous, employeur, pouvez dire non, et le salarié aussi. Personne n’a à se justifier.
Mais pourquoi le refus de rupture conventionnelle par l’employeur est légal… mais jamais neutre ?
Parce qu’en RH, ce qui est légal n’est pas toujours intelligent, et ce qui est autorisé peut devenir toxique si mal géré. C’est là que le droit s’arrête… et que le terrain commence.
Oui. Sans détour. Un employeur peut refuser une rupture conventionnelle, même sans motif.
Le refus de rupture conventionnelle par l’employeur est parfaitement légal même sans justification, même après plusieurs échanges, même si le salarié insiste.
C’est un point clé à rappeler, surtout quand on parle d’un employeur qui refuse une rupture conventionnelle sans motif. Le droit est clair.
Peut-on refuser la rupture conventionnelle après avoir dit oui ?
Oui, même après la signature de la convention. Il existe un délai de rétractation de 15 jours calendaires.
Pendant ce délai, chacune des parties peut revenir en arrière sans explication ni débat. Passé ce délai, en revanche, la rupture devient difficilement contestable.
Sur le papier, tout est limpide. Dans la vraie vie, c’est plus nuancé.
La rupture conventionnelle concerne uniquement les salariés en CDI.
Un contrat suspendu, comme un congé maladie ou maternité, bloque en principe la procédure. Sauf cas particuliers : faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maladie.
Il y a aussi les situations de conflit. Quand des reproches existent, accepter une rupture conventionnelle peut devenir risqué. Le salarié pourrait contester plus tard la validité de son consentement.
Et puis il y a la réalité terrain. Certains salariés sont clés : compétences rares, savoir-faire difficile à remplacer, etc.
Refuser pour retenir un profil stratégique est légal. Légal, oui. Intelligent ? Pas toujours.
Tout d’abord, le coût. Une rupture conventionnelle implique une indemnité. Parfois lourde. Souvent plus élevée qu’on ne l’imagine.
Il y a aussi la peur de l’effet domino. Accepter une rupture, puis une autre, puis une troisième… et voir les demandes se multiplier.
La stratégie compte aussi. Entreprise en croissance, projets sensibles, équipe sous tension : maintenir la stabilité peut sembler prioritaire.
Et puis l’image. Trop de ruptures conventionnelles peuvent donner le sentiment d’un contournement du licenciement.
Légal, oui. Intelligent ? Là encore… pas toujours.
C’est LA question que peu d’articles posent vraiment.
Refuser peut avoir du sens quand le salarié est indispensable, quand le timing est catastrophique ou quand la demande cache un conflit non traité.
Dans ces cas-là, le refus d'une rupture conventionnelle est assumable, à condition de l’accompagner.
Toutefois, un salarié qui reste contre son gré, ça se paie : baisse d’engagement. présentéisme, tensions internes, et parfois prud'hommes à l’horizon.
Se demander refuser une rupture conventionnelle est-ce risqué n’est pas théorique, c’est une vraie question de pilotage RH.
C’est la partie que beaucoup préfèrent ignorer.
Après un refus de rupture conventionnelle, l’ambiance de travail change. Souvent lentement, par petites fissures, mais durablement.
Les managers le sentent. Les équipes aussi. Le sujet devient tabou.
Arrêts maladie qui s’enchaînent, démissions précipitées, conflits qui éclatent pour un détail.
Le refus n’a pas réglé le problème, mais il l’a déplacé.
Un refus RC prud’hommes, ça arrive plus souvent qu’on ne le croit. Pas parce que le refus est illégal, mais parce que la manière de refuser a été mal vécue.
Tout n’est pas permis.
Refuser en raison de l’origine, de la situation familiale, de l’appartenance syndicale, de la religion, d’une grossesse ou d’une paternité… C’est illégal.
Le salarié peut agir, et il gagne souvent.
Refuser une rupture conventionnelle pour faire pression, isoler, user… C’est du harcèlement moral.
Et là, les conséquences pour l’employeur peuvent être lourdes, voire très lourdes.
C’est la question qui revient sans cesse.
Aucun droit à imposer la rupture… mais plusieurs leviers !!
En fait, le salarié ne peut pas forcer la rupture, mais en cas de refus de rupture conventionnelle, plusieurs options existent : démission, prise d’acte, résiliation judiciaire, etc.
La démission reste possible, mais sans assurance chômage dans la majorité des cas.
La prise d’acte ou la résiliation judiciaire sont envisageables en cas de manquements graves.
Si les faits sont avérés, cela peut coûter bien plus cher à l’employeur qu’une rupture conventionnelle.
C’est là que le recours salarié après rupture conventionnelle refusée devient un vrai sujet.
Le droit autorise le silence. Le bon sens, beaucoup moins.
Ce qu’il ne faut surtout pas dire :
Ce qu’il vaut mieux :
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Ce sont rarement les refus qui posent problème. Ce sont les accumulations.
1) Mon employeur refuse la rupture conventionnelle, a-t-il quelque chose à me reprocher ?
Pas forcément. Mais l’absence d’explication crée souvent le doute.
2) Mon employeur peut refuser juste pour m’empêcher de toucher le chômage ?
Oui, légalement. Mais socialement, c’est rarement neutre.
3) Combien de fois mon employeur peut refuser une rupture conventionnelle ?
Autant de fois qu’il le souhaite, aucun plafond légal.
4) Est-ce que refuser peut mener à un burn-out ou un conflit grave ?
Oui. Surtout si la situation n’est pas accompagnée.
5) Peut-on contester un refus de rupture conventionnelle devant les prud’hommes ?
Pas le refus en lui-même, mais ses conséquences, parfois oui.
6) Faut-il refaire une demande après un refus ?
Oui, si le contexte a changé. Sinon, mieux vaut attendre.
Refuser une rupture conventionnelle est légal, mais ce n’est jamais anodin. En RH, mal décider coûte souvent plus cher que décider vite et bien, et surtout, décider seul.
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